L’entreprise savoyarde Di Sante, installée à Saint-Jean-de-Maurienne, fabriquera les portes de hangar du futur porte-avions nucléaire France Libre. Un contrat d’environ quatre millions d’euros, qui oblige déjà l’atelier à chercher une quarantaine de chaudronniers et d’usineurs, selon son dirigeant interrogé par BFM Business le 7 novembre.
- Contrat d’environ 4 millions d’euros pour les portes de hangar du France Libre.
- Phase d’étude en cours, fabrication en atelier à partir de 2028, livraison en 2034.
- Une quarantaine de postes à pourvoir, dont des chaudronniers ; apprentissage en renfort.
- Le programme mobilise plus de 800 entreprises, pour un coût proche de 10 milliards d’euros.
Plan de l'article
Que va fabriquer Di Sante pour le France Libre ? #
Le porte-avions France Libre doit succéder au Charles de Gaulle. Sa maquette était exposée cette semaine au salon Euronaval, à Villepinte. Parmi les fournisseurs présents, BFM Business a rencontré Damien Di Sante, qui dirige l’entreprise chargée de construire les portes des hangars du navire.
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Le dirigeant qualifie ce contrat d’« hyperdimensionnant » pour sa société. Il parle d’une commande qui va pérenniser l’activité. Pour l’instant, une douzaine de personnes travaillent sur la phase d’étude.
Le calendrier est long. La fabrication en atelier ne débutera qu’en 2028, et le travail doit être rendu en 2034. Il en sortira des portes en acier de plusieurs mètres de long, ce qui suppose des moyens de levage, de découpe et d’assemblage à la hauteur.
Pourquoi un tel chantier change la vie d’un atelier ? #
Pour une PME de chaudronnerie, une commande de défense étalée sur huit ans apporte ce qui manque le plus : de la visibilité. On peut planifier les investissements, former des équipes et lisser la charge entre les autres clients.
C’est aussi une affaire d’exigence. Les pièces navales de défense passent par des contrôles serrés : qualification des modes opératoires de soudage, traçabilité des matières, contrôles non destructifs. Un atelier qui tient ce niveau pendant des années en ressort avec des références utiles bien au-delà de ce seul programme.
Le chantier ne se limite pas à la Savoie. Toujours selon BFM Business, Technicatome, qui conçoit les deux chaufferies nucléaires du navire, prévoit de passer commande à 200 entreprises en France. Ces chaufferies doivent être fabriquées d’ici 2032, avant leur assemblage à Saint-Nazaire.
Combien gagne un usineur chez Di Sante ? #
C’est le chiffre qui a fait le titre de l’article. « Chez nous, quelqu’un en usinage, c’est 4 000 euros net par mois », a déclaré Damien Di Sante à BFM Business. Il s’agit d’une déclaration du dirigeant pour son entreprise, pas d’une moyenne de la profession.
Ce salaire sert d’argument de recrutement. Le patron explique que le recrutement est son « cheval de bataille » : l’entreprise cherche une quarantaine de personnes, notamment des chaudronniers, sur des métiers qu’il décrit comme en tension.
Quand le marché ne fournit pas les profils, l’entreprise passe par l’apprentissage. « On mise plus sur le savoir-être que le savoir-faire », résume-t-il. Le geste technique s’apprend à l’atelier. La rigueur et la régularité sont plus difficiles à transmettre.
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Quel est le poids industriel du programme France Libre ? #
Le nom du navire a été dévoilé le 18 mars 2026 sur le site Naval Group d’Indret, près de Nantes. Dans son discours publié par l’Élysée, Emmanuel Macron chiffre le coût du porte-avions à près de 10 milliards d’euros et affirme que 90 % de ce montant bénéficiera directement aux entreprises nationales.
La présidence évoque plus de 800 entreprises et plus de 200 métiers industriels différents, de la mécanique lourde à l’électronique de puissance en passant par les matériaux avancés et la robotique. Le chantier doit mobiliser ces savoir-faire d’ici 2038.
Le changement d’échelle est net. BFM Business indique un navire de 78 000 tonnes, contre 42 000 pour le Charles de Gaulle. Ses chaufferies délivreront deux fois plus d’énergie, un point que confirme le discours présidentiel.
Ce que les ateliers peuvent en retenir #
Le France Libre s’ajoute aux autres programmes navals qui sollicitent déjà la chaudronnerie, la tuyauterie et l’usinage de précision. Pour les sous-traitants, la question n’est plus seulement de décrocher une commande. Il faut aussi trouver les mains pour l’exécuter.
L’exemple de Di Sante résume la méthode : afficher un salaire attractif, assumer la formation en interne et miser sur des profils motivés plutôt que déjà experts. Pour un jeune soudeur ou un usineur en reconversion, ces chantiers longs offrent une perspective rare : plusieurs années sur la même pièce d’exception.
Questions fréquentes #
Quelle entreprise fabrique les portes de hangar du France Libre ?
Di Sante, une entreprise de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, pour un contrat d’environ quatre millions d’euros selon son dirigeant, cité par BFM Business.
Quand les portes seront-elles fabriquées ?
La fabrication en atelier doit débuter en 2028, après une phase d’étude, pour une livraison prévue en 2034.
Combien d’entreprises participent au programme ?
Plus de 800 entreprises, selon l’Élysée, pour un porte-avions dont le coût est estimé à près de 10 milliards d’euros et un chantier qui court jusqu’en 2038.
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