Soudage, tuyauterie, nucléaire : l’Afpa d’Istres ouvre ses portes aux métiers des métaux

Autour de l’étang de Berre, les ateliers cherchent des soudeurs, des tuyauteurs et des chaudronniers, et ont du mal à les trouver. Pour rapprocher employeurs et candidats, le centre Afpa d’Istres a organisé cette semaine une table ronde consacrée aux métiers des métaux, avec France Chaudronnerie. Formations accélérées, incubateurs en soudage et en tuyauterie, passeport nucléaire : sa directrice, Christel Thoreau Chaloin, en a détaillé le contenu au micro de Maritima.

Une table ronde pour montrer les métiers des métaux #

Le format se voulait concret : un après-midi d’échanges et de démonstrations, ouvert à tout public. Demandeurs d’emploi, salariés en reconversion et jeunes en quête d’orientation pouvaient y dialoguer directement avec des chefs d’entreprise et des professionnels pour identifier les compétences recherchées sur le terrain.

« L’objectif, c’est de mettre en lumière les métiers des métaux, c’est-à-dire le soudage, le tuyautage, la chaudronnerie, et d’exprimer auprès des personnes qui seront présentes les attentes des employeurs en matière de recrutement », a résumé la directrice. La rencontre était organisée avec les acteurs de l’emploi du territoire : France Travail, la Mission locale et les structures de l’insertion.

À lire Championnat de France de soudure 2027 : inscriptions jusqu’au 22 novembre, le parcours jusqu’à la finale de Poitiers

Des métiers sous tension, surtout pour les profils mobiles

Le discours tenu à Istres est sans ambiguïté. « Ce sont des métiers dits sous tension, donc oui effectivement il y a des emplois dans ces secteurs-là, et principalement sur notre bassin, mais moyennant une mobilité également ailleurs », explique Christel Thoreau Chaloin. Elle ajoute qu’un soudeur ou un tuyauteur mobile peut prétendre à des salaires « très intéressants ».

Pour qui connaît la réalité d’un atelier de chaudronnerie ou d’un chantier de tuyauterie industrielle, le constat n’a rien de surprenant : le geste du soudeur qualifié ne s’improvise pas, et les entreprises qui interviennent sur des installations exigeantes cherchent des profils déjà formés aux procédés et aux contrôles.

Des incubateurs en soudage et en tuyauterie #

La seconde partie de la table ronde portait sur la transformation de la formation elle-même. « Nous parlerons d’incubateur en tuyauterie, nous parlerons d’incubateur en soudage », annonçait la directrice. L’idée est de coller au plus près des réalités du marché, avec des dispositifs d’apprentissage intensif.

Le centre mise aussi sur la souplesse du calendrier. L’Afpa d’Istres propose de la formation continue pour adultes tout au long de l’année, mais aussi de l’alternance, du contrat de professionnalisation et de l’apprentissage, devenu l’un de ses axes principaux. « Pas du tout besoin d’attendre la prochaine session l’année prochaine ! », insiste Christel Thoreau Chaloin. Pour un atelier, cela signifie pouvoir recruter un apprenti au moment où le besoin apparaît, plutôt qu’à la seule rentrée de septembre.

À lire L’électrode 29/9 de Selectarc exposée à l’Élysée pour le fabriqué en France

Le passeport nucléaire, sésame pour la sous-traitance #

Autre spécificité du centre : la délivrance du passeport nucléaire. La directrice le décrit comme « une attestation qui permet d’avoir des connaissances de base, notamment en radioprotection », afin de faciliter l’entrée des stagiaires dans des centrales nucléaires ou leur embauche dans la filière.

L’Afpa avait présenté ce dispositif en détail dans une actualité consacrée au passeport nucléaire. Il prend la forme d’une « coloration » : un module qui ajoute une expertise spécifique au métier de base, qu’il s’agisse du soudage, de la maintenance ou de l’électricité. Christel Thoreau-Chaloin y explique l’avoir mis en place pour répondre aux besoins des entreprises clientes du centre, notamment les sous-traitants intervenant pour EDF, le CEA, Orano ou Framatome. Ces entreprises, implantées autour de l’étang de Berre et du pays d’Aix, recherchent des profils déjà sensibilisés aux exigences de sûreté et de sécurité du nucléaire.

L’Afpa rappelle dans le même texte l’enjeu national : 100 000 recrutements prévus en France d’ici dix ans dans le nucléaire. « À profil équivalent, cela élargit leurs opportunités d’emploi », résume la directrice.

Ce que cela dit aux ateliers #

Pour les responsables d’atelier et les chefs d’entreprise de la métallerie, la démarche d’Istres rappelle une évidence : les centres de formation ont besoin de connaître précisément les attentes des employeurs pour former des soudeurs opérationnels. Une table ronde de ce type est l’occasion de faire remonter les procédés réellement utilisés, les qualifications demandées et les contrôles attendus sur les pièces.

À lire Sélections régionales WorldSkills à Châteaudun : soudeurs et chaudronniers en lice les 3 et 4 novembre

Pour les candidats, la leçon est tout aussi claire. Les métiers du soudage et de la tuyauterie recrutent, à condition d’accepter une formation exigeante et, souvent, une part de mobilité. Le passeport nucléaire et les entrées multiples en apprentissage montrent que les parcours se diversifient : il n’y a plus une seule porte d’entrée vers l’atelier, mais plusieurs.

Atelier Technique est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Soudure

Aussi : agence web 123web · développeur React freelance