Soudage laser robotisé : ce que TRUMPF et Valk Welding montrent à EuroBLECH 2026

À Hanovre, le salon EuroBLECH a ouvert ses portes le 20 octobre et se tient jusqu’au 23 octobre 2026. C’est le grand rendez-vous européen de la transformation de la tôle, et cette année le soudage laser robotisé y occupe une place inhabituelle. Deux annonces publiées avant l’ouverture résument bien la tendance : TRUMPF y présente une cellule compacte, la TruLaser Weld 3000, et Valk Welding, spécialiste néerlandais du soudage robotisé à l’arc, y fait pour la première fois une démonstration en direct d’une installation de soudage laser.

Pour un atelier de chaudronnerie ou de mécano-soudure, ces annonces disent une chose simple : le laser n’est plus réservé aux lignes automobiles. Les constructeurs le conditionnent désormais pour des séries moyennes, avec des surfaces au sol et une programmation qui ressemblent davantage à ce qu’on connaît en soudage MIG/MAG robotisé.

La TruLaser Weld 3000 : un laser de 3 ou 4 kW dans 3,65 m de côté #

Selon le communiqué de TRUMPF, la nouvelle cellule embarque une source laser de 3 ou 4 kW. Elle soude l’inox et l’acier de construction jusqu’à 8 mm d’épaisseur, et l’aluminium jusqu’à 6 mm. Son emprise au sol est de 3,65 × 3,65 m, soit environ 24 % de moins que la plus petite TruLaser Weld 5000 de la marque.

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Le robot est un KUKA de la gamme Iontec, avec une portée de 2 100 mm, ce qui permet de traiter des pièces de la taille d’une palette. Côté positionnement, l’utilisateur choisit entre une table de soudage, un positionneur basculant-rotatif ou un changeur rotatif compact.

Une tête plus petite pour aller au fond des caissons

TRUMPF met en avant une optique de soudage environ 40 % plus petite que la précédente. L’intérêt pratique est d’atteindre des zones jusque-là difficiles : fonds de carters, caisses, boîtiers profonds. C’est souvent là que le soudage robotisé bute, et que l’on revient à la torche manuelle.

Combler les jeux, le vrai sujet en atelier

Le principal frein au laser en sous-traitance, c’est la préparation : le faisceau tolère mal les jeux entre pièces. Le constructeur répond avec trois procédés. BrightLine Scan comble des jeux jusqu’à 0,4 mm. BrightLine Weld réduit les projections, notamment en soudage profond. FusionLine ajoute un fil d’apport pour des jeux d’environ 1,5 mm, ou pour les matériaux qui exigent un métal d’apport.

Ces valeurs restent nettement plus serrées que ce qu’absorbe un cordon MAG. Un atelier qui envisage le laser devra donc toujours soigner la découpe et le pliage en amont. Mais l’écart se réduit.

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Programmer sans spécialiste : la promesse commune #

L’autre point commun des deux annonces, c’est la programmation. Chez TRUMPF, les programmes se créent sur la machine ou hors ligne avec le logiciel TruTops Weld, à partir des données CAO. La fonction TeachLine Touch permet de déplacer un point de soudure en touchant l’écran, ce qui réduirait le temps de programmation et de réglage jusqu’à 50 % selon le constructeur. L’extension TeachLine AI s’appuie sur l’intelligence artificielle pour détecter les écarts de position des points de soudure et corriger la trajectoire du robot. TRUMPF affirme que des opérateurs moins expérimentés peuvent ainsi conduire la cellule.

Valk Welding avance un discours très proche. D’après Machine-outil.com, sa cellule laser est une solution « tout-en-un », certifiée CE, capable de souder avec ou sans métal d’apport. Le robot, la source laser et le service après-vente viennent du même fournisseur. Le constructeur l’associe à deux outils qu’il utilise déjà en soudage à l’arc : ARC-EYE, un système de suivi de joint par capteur laser qui s’adapte en temps réel aux variations de la pièce, et ARP, qui génère les programmes de soudage directement depuis les fichiers CAO 3D. Valk annonce une programmation jusqu’à dix fois plus rapide qu’en méthode traditionnelle.

Ce que cela change pour un atelier #

Ces chiffres sont ceux des constructeurs, mesurés dans leurs conditions. Ils donnent néanmoins une direction claire. Le soudage laser robotisé se vend désormais sur trois arguments qui parlent aux PME : une cellule qui tient dans un atelier existant, des pièces qui ne demandent pas un ajustage parfait, et une programmation accessible sans roboticien dédié.

Les applications citées par TRUMPF le confirment : construction de machines et d’installations, tôlerie pour centres de données, matériel médical, équipements de cuisine et agroalimentaire. Ce sont des marchés de petites et moyennes séries, souvent en inox, où l’aspect du cordon et la faible déformation comptent autant que la cadence.

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Les questions à se poser avant d’y aller

Pour un responsable d’atelier, l’intérêt de la visite à Hanovre tient en quelques vérifications concrètes. Quelles épaisseurs et quelles nuances représentent l’essentiel de la production ? Quelle est la régularité réelle des jeux après pliage ? Les pièces passent-elles déjà sur un robot à l’arc, et pourrait-on réutiliser les programmes CAO ? Il faut enfin intégrer la sécurité laser : une cellule fermée et certifiée change la donne par rapport à un poste ouvert, mais impose ses propres règles d’implantation.

Dernier point : le soudage laser produit moins de fumées qu’un procédé à l’arc avec métal d’apport, mais il en produit. Le captage à la source reste nécessaire, d’autant que l’exposition aux fumées de soudage est un sujet réglementaire en discussion au niveau européen.

EuroBLECH se tient au parc des expositions de Hanovre jusqu’au vendredi 23 octobre, selon le site officiel du salon. Pour les ateliers qui n’ont pas fait le déplacement, les démonstrations de ces cellules devraient vite circuler chez les distributeurs français des deux marques.

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